SECURITE ALIMENTAIRE AU CAMEROUN : L’HARMATTAN S’INSTALLE ET FAIT CRAINDRE LE PIRE!

08/10/2012

Le début de la campagne agricole 2010/2011 dans la partie méridionale est marqué par deux faits majeurs :

 

Le retour quelque peu précoce des pluies et l'harmattan qui s'est installé de façon inattendu depuis le week-end du 20 mars.

 

             A la suite de l'installation de l'harmattan et de la brume sèche, on note un arrêt brusque des pluies. Par conséquence, le spectre de la sécheresse plane, à un moment crucial des activités agricoles. En effet, environ 70% des semis sont réalisés et les cultures sont à la phase végétative (germination, levée et fabrication des feuilles et tiges).

 

             En raison des incertitudes exprimées par les climatologues par rapport à la durée de l'harmattan, les spécialistes pensent qu'il est prudent de se préparer à une sécheresse prolongée, bien que les prévisions météorologiques annoncent les pluies vers le 10 avril 2010. Il faudrait alors anticiper des solutions pour réduire l'impact de cette sécheresse sur les activités agricoles de la campagne en cours et sur la sécurité alimentaire, poursuivent-ils.

 

             Les structures en charge de la sécurité alimentaire du MINADER doivent explorer toutes les pistes et proposer des solutions à court terme au gouvernement. Mais en attendant, il faut redoubler de vigilance dans le suivi de ce phénomène martèle, un responsable du Ministère de l'Agriculture.

 

             L'harmattan a surpris tout le monde, même les populations des régions habituellement touchées.

 

             Mais que s'est-il passé pour qu'on arrive à cette situation que les climatologues qualifient d'anormales ? Selon les explications du Pr. Maurice TSALEFAC, c'est à la faveur d'un mouvement anormal du courant Jet. Des fortes pluies ayant accompagnées l'arrivée de l'harmattan ont été signalées un peu partout. Dans certaines zones des départements du Mbam&Inoubou et du Mbam&Kim, un phénomène inhabituel s'est produit : les fortes pluies ont laissé des dépôts de terre sur les feuilles, rendant les légumes  impropres à la consommation humaine, déplore un responsable départemental.

 

             De manière empirique, le mouvement des hirondelles qui s'est signalé dans le ciel dimanche 21 mars à pousser les paysans à redouter la sécheresse. L'harmattan s'est dont installé dans la partie méridionale du pays en ce début de saison des pluies, et avec elle s'est aussi installée la sécheresse qui se poursuit jusqu'à présent.

 

 Monsieur Boniface NGNIADO Coordonnateur du programme national de securite alimentaire apporte des précisions sur  LA SITUATION DE la sécurité alimentaire au Cameroun :

 

 « Malgré tous les efforts du Gouvernement camerounais, l'insécurité alimentaire touche en moyenne 25% de la population. Si on suppose qu'on est à 18 millions cela fait près de 4,5 millions de personnes. L'insécurité est variable. Il y a des régions à risque (Extrême Nord).  Même dans d'autres régions méridionales, on rencontre l'insécurité alimentaire (Nord-Ouest) et dans les zones périurbaines. Elle se caractérise par une forte incidence de la non nutrition des enfants de moins de trois ans avec un taux de malnutrition chronique d'environ 30%. Parmi les principaux produits consommés, il y a le riz, le maïs dont la production ne suffit pas à satisfaire les besoins. Il y a des actions qui sont faites pour lutter contre l'insécurité alimentaire dans le cadre de la stratégie du secteur rural ; On peut ajouter à cela la mise en place du programme National de Sécurité alimentaire qui constitue la stratégie gouvernementale en matière de sécurité alimentaire. Ce programme est piloté par un comité interministériel de sécurité alimentaire logé au Premier Ministère qui comprend tous les ministères impliqués dans la sécurité alimentaire (18 ministères)